Ludique et Fantasmagorique

On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation. [PLATON]

06 janvier 2009

Les Noëls électriques

Anthologie dirigée par Jacques Baudou

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Quatrième de couverture :

Oh oh oh ! Ils sont tous là : les rennes, les elfes, Saint Nicolas, les joujoux, les bonbons, les sapins et la neige... Mais ils ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être...
De grandes plumes des littératures de l'imaginaire explorent Noël et ses mythes, pour un recueil empli de chausse-trappes et de surprises.

19 récits de magie et de mystère présentés par Jacques Baudou.
Fictions inédites de Nathalie Aubry, David Calvo, Fabrice Colin, Catherine Dufour, Mélanie Fazi, Johan Heliot, Bernard Jagodzinski, Hervé Jubert, Xavier Mauméjean, Béatrice Nicodème, James Pwell, Léa Silhol et Connis Willis.
Post-face d'André-François Ruaud.


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Mon avis :

Certes, lire une anthologie consacrée à Noël après Noël, ça manque peut-être un peu d’à-propos, mais avec les partiels approchants je n’ai pu faire autrement.
Jacques Baudou nous a concocté un recueil assez varié et faisant la part belle à l’imaginaire francophone. Mais il a aussi agrémenté son anthologie de textes publiés outre-Atlantique.

Certains textes sont de véritables petits bijoux comme la nouvelle de Mélanie Fazi, l'Arbre et les Corneilles, est un récit d'amour et de naissance, de mémoire et de transmission sacrée de femme en femme.
Autre très grande réussite, La Mort des joujoux de Catherine Dufour qui revisite la genèse du père Noël à sa manière inimitable, à la fois hilarante et amère ; où l’on apprend que tout est de la faute d’une fée nymphomane…
Connie Willis signe ici trois nouvelles de grande qualité où magie, Esprit de Noël (dans le sens de Dickens mais pas seulement), ironie et réflexion se font la part belle. Trois textes vraiment réussis qui parlent de Noël sans niaiserie aucune, mais qui parviennent pourtant à apporter la touche d'enfance et de fraîcheur nécessaire pour lire cette anthologie le cœur grand ouvert.
De manière un peu déconcertante, la longue nouvelle de Léa Silhol, Winter Wonderland Inc.,  qui clôt ce recueil quitte le domaine de la magie et des légendes pour nous emporter dans une vision très sombre de Noël ou tout n'est que gros sous et complot mondial. Un texte brillant, sans concession et bourré de clins-d'œil, qui serre un peu le cœur mais qui est à la fois espoir, vérité amour et dénonciation.
Vous trouverez en plus à la fin de l'anthologie une histoire de Noël de l'antiquité à nos jours dans tous les pays et cet appendice fort instructif permet de prolonger le rêve tout en apprenant une foules d'anecdotes sur le folklore et les légendes qui ont permis d'en arriver à la représentation du Père Noël que nous connaissons aujourd'hui.

19 nouvelles attachantes, cruelles, sombres, humoristiques, pour nous emporter vers les contrées féeriques du Père Noël et revisiter aux côtés de nos auteurs préférés les croyances merveilleuses fermement ancrés dans notre imaginaire, et ce depuis notre plus tendre enfance. Des récits de magie, de rêve et de ferveur, de naissance et de mort ou bien de tristes constats sur la mercantilisation de cette fête désormais symbole d'un capitalisme acharné. Tour à tour nos auteur portent un regard à la fois lucide et attendri sur Noël et nous en proposent une vision personnelle qui saura à chaque page éveiller notre âme d'enfant ou bien nous faire sérieusement réfléchir sur les dérives de nos sociétés.

Ma note : 4/5

Présent dans mon challenge ABC 2008...

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15 octobre 2008

Le corps exquis

Roman écrit par Poppy Z. Brite

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Quatrième de couverture :

Perversion des âmes et poésie du macabre au service d'une des fictions les plus noires jamais publiées sur les sérial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.

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Mon avis :

Tout d'abord, nous avons un anglais seul, Andrew Campton… Et qui, pour combler cette solitude, racole dans Londres à la recherche de jeunes junkies qui accepteront de passer la nuit avec lui contre un peu d'argent, de drogue et/ou d'alcool. Pour les garder près de lui il les tue et les cajole. Après vingt-trois meurtres il se fait arrêter et est condamné à perpétuité. C'est en prison qu'il apprend sa séropositivité, cela ne le surprend guère.
De l'autre coté de l'Atlantique, Jay Byrne est lui aussi attiré par les jeunes hommes. Il les aime mais surtout cuit à point... Il choisit également ses mets parmi les plus paumés qui traînent dans le Carré (Nouvelle Orléan), quartier à forte tendance homosexuelle où les mœurs sont très libres. Il dépèce ses victimes, garde les meilleurs morceaux, les prépare et les déguste.
Ces deux hommes n'auraient jamais dû se rencontrer et pourtant l'impossible va se réaliser et ils vont s'aimer car ils sont pareils. Ils vont découvrir la vie à deux, le partage, l'amour et la confiance en l'autre. Ensemble ils vont continuer à tuer et à assouvir leur faim de chair fraîche.
En parallèle il y a Tran, qui aime Luke. Luke aussi l'aime. Mais Luke a le SIDA, et dans sa folie, voulait aussi partager sa maladie avec l'homme qu'il aime. Mais Tran est jeune, à peine 20 ans et il veut « vivre »…

Cette histoire est directement inspirée de celle de Jeffrey Dahmer, le cannibale de Milwaukee, arrêté en juillet 1991 et condamné pour meurtre et cannibalisme. Ce que désirait Dahmer était : ne pas être seul. C'est ainsi qu'il tenta de se fabriquer des esclaves sexuels en trépanant des jeunes homosexuels. Une grande partie de la personnalité de Dahmer est reflétée chez Compton et Byrne dans Le corps exquis, bien que ce livre ne soit pas une étude de la psychologie d'un tueur en série.
Ce roman peut paraître choquant, repoussant mais c'est avant tout un roman d'amour et un cri contre le silence face à l'épidémie du SIDA, un cri aussi contre la solitude et ce qu'elle peut engendrer pour la combler. C’est un cri pour ouvrir les yeux des biens pensants face au SIDA, un cri pour dire que les homosexuels ne sont pas forcement des pervers mais qu'ils ressentent aussi de l'amour. On ne ressort pas indemne de ce roman : face à certaines scènes où l'anatomie la plus intime est révélée, face à l'anthropophagie. Poppy Z. Brite est violente mais nous montre ce qu'est la vie de la fin du XXème siècle.
Je dois vous prévenir que ce livre est réservé exclusivement à un lectorat très averti…

Ma note : 3,5/5

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04 octobre 2008

Douze Heures du Crépucule à l'Aube

Recueil de nouvelles écrit par Lélio

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Quatrième de couverture :

Dans ces heures interminables de la nuit, quelles sont les ombres qui viennent murmurer nos propres cauchemars à nos oreilles ? Nous parler de nos exaltations et de nos chutes, de nos combats et de nos crimes, de l'insurpportable oppression d'être vivants, de l'inaliénable terreur d'être déjà morts mille fois ?
En attendant l'aube, en équilibre entre deux frontières, tandis que le souffle se déchire et se suspend, les golems cherchent leur nom, les artisants défont les coutures de leur propre peau, les clowns aux yeux vides étalent leurs fards, les prisonniers négocient avec les périls des cachots et de la Souffrance, toujours, parcourt les rues et les veines de Jérusalem.
Dans une prose déchirante, extraordinairement actuelle et lucide, Lélio trace du bout des ongles une mélopée faite d'arrachement et de grâce, de mystique et de sang, de ténèbres et d'éblouissement. avec la beauté et la vérité de ceux qui, empoignant le réel à mains nues, transcendent la nuit que nous traversons tous et atteignent à l'improbable trouée d'une expérience dangereusement humaine.

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Mon avis :

Lélio conte un recueil de douze textes, douze perles sombres qui jalonnent les heures de la nuit, lorsque celle-ci est la plus longue, la plus noire, la plus angoissante.
L’auteur évoque, tour à tour, l’enfance et ses terreurs, la souffrance, la douleur, la différence et la mort. La musique est très présente. Elle imprègne l’œuvre, en structure le rythme quand elle n’est pas le support de l’intrigue même. Batismo te a été publié dans l’anthologie Lilith et ses Sœurs et De la Noirceur de l’Encre dans l’Emblèmes 7, La Mort… ses vies.

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Dans  Tisha Bear, la Souffrance est présente en personne et erre dans les rue de Jérusalem. Lélio organise un chassé-croisé entre des êtres séparés, murés dans leur souffrance sur un fond de conflit qui les dépasse et les écrase. Celle (la souffrance) qui rappelle les douleurs physiques d’une enfance violentée avec l’enfant autiste de Locked qui permet à l’auteure d’évoquer l’incommunicabilité des êtres. Et celle d’être seule et ne pas savoir qui on est vraiment dans Batismo te avec cette petite fille pas comme les autres qui a un drôle de tatouage sur le bras. Durant ces heures, il y a aussi la souffrance d'un père séparé de sa fille et que seule la musique Klezmer et l'espoir d'un ailleurs meilleur console avec Di goldene pave. Les heures noires qui font ressurgir les fantômes des êtres aimés précocement morts dans Bulle. Ou de ceux qui ont disparus sans laisser de trace avec Corbeaux.  La nuit, on est seul, terriblement seul comme les prisonniers de Soledad. Seul comme lorsque une secte puis la justice vous volent vos parents dans Et devant nous, Il y avait l’Ange. Seul également à rendre la justice, à décider du sort d'autres hommes dont certains peuvent vous hanter longtemps comme on le voit dans Wandering kayafa.

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Lélio restitue, dans ses nouvelles, un univers sombre, presque sans espoir, sans futur, un univers qui ne laisse la place qu’à la douleur et la souffrance, de toutes natures. Elle maîtrise une écriture incisive, une écriture très visuelle, très imagée ce qui confère au texte une émotion intense. Elle puise beaucoup dans la culture et la religion juives. Ses nouvelles dégagent, ainsi, une ambiance étrange, teintée de sensibilité et de violence.
Une auteure à découvrir, car son univers est un miroir si fidèle de ce qui compose la vie, avec ses craintes, ses lots de peurs et d’angoisse, que son reflet déclenche un choc et fragilise les masques et les armures que l’on se construit, à grand peine, pour tenter de résister.

Ma note : 4/5

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23 septembre 2008

Récits des Coins d'Ombre

Recueil de nouvelles écrit par Claude Mamier

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Quatrième de couverture :

La Mort qui marche dans nos rues sous les traits d'une belle femme en robe rouge, un homme qui veut faire reculer le temps à coup de fusil, un architecte qui parcourt l'univers pour construire les cathédrales du futur, des morts vivants créant une nouvelle société dans une New York dévastée, autant de récits, autant de coins d'ombre à explorer en espérant pouvoir en ressortir intact.
Le fantastique, la SF et la Fantasy se côtoient dans les huit nouvelles du premier recueil de Claude Mamier, trois genres unis dans une même noirceur, dans une même peur d'affronter cette obscurité qui ne demande qu'une seconde d'inattention pour nous avaler... Et qui parfois ne se situe pas plus loin que de l'autre côté de ces yeux qui nous regardent dans le miroir.

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Mon avis :

Des huit nouvelles qui composent ce recueil, Jusqu’à ce que la Mort, On the little road to nowhere, Neo Amsterdam et Les Aiguilles sont sans doute les plus marquantes.

La première dépeint les affres d'un héros que la Mort a toujours refusé d'emmener, et qui voit tomber les uns après les autres celles et ceux qu'il aime. Il apprendra avec stupeur pourquoi il a été épargné, mais acceptera-t-il son destin ?

On the little road to nowhere débute sur un jeune homme qui passe son temps à compter les voitures défilant dans la rue. Il a eu une révélation. Le flot de véhicules est comme celui du temps : il coule sans que personne ne puisse l'arrêter.

Neo Amsterdam est le nom d'une prison d'un nouveau type. Ces maisons d'incarcération ne sont désormais plus sur Terre mais sur son satellite (la lune). Pour rendre l'éloignement plus supportable aux condamnés, des grandes villes y ont été reconstituées. Le plus grand danger de cet endroit est le styx, une drogue qui rend fous ceux qui sont en manque…

Enfin, Les Aiguilles nous raconte l'histoire d'un tranquille antiquaire occupant ses journées à pulvériser son record personnel de jetés de boulettes dans sa corbeille à papiers. Il voit un jour débarquer dans sa boutique un étrange visiteur. Il veut lui vendre une belle boîte ouvragée contenant une vieille pièce de cuir plantée de six aiguilles. Hal accepte de la lui acheter. Il n'a alors aucune idée de ce qu'il vient de déclencher…

Dans une postface détaillée, Claude Mamier nous livre la genèse de ses textes et c'est toujours intéressant d'apprendre comment les idées surgissent. Récits des Coins d'Ombre a pour thème principal la mort, toujours douloureuse, toujours présente…C’est un recueil agréable à lire même si les conclusions ne sont pas constamment à la hauteur de ce que laisse présager les débuts. Il n’en reste pas moins que chaque ambiance et personnage peuvent nous marquer.

Ma note : 3/5

Ce livre a été lu pour le challenge ABC 2008.

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14 septembre 2008

Dérobade

Recueil de nouvelles écrit par Jess Kaan

derobade

Quatrième de couverture :

S'il ne fallait qu'une erreur pour perdre jusqu'à sa nature d'homme, ou passer une nuit dans les bayous pour la retrouver ? Pousser au bout une enquête jusqu'à découvrir l'inconcevable, assumer ou renier, quel qu'en soit le prix, l'héritage de ses pères ? Que nous devions lutter contre les anges, ou livrer des passants à d'obscures puissances ? Peut-on échapper à l'univers tel qu'il est, ou même, et surtout, à ce que nous sommes ?
11 portraits à la sanguine d'un monde en déliquescence, des usines désaffectées du Nord aux envers cauchemardesques de Londres ou de Venise ; la cité et la forêt sont en guerre et, d'étranges contes de fées en apocalyptiques futurs, déchirent nos consciences...

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Mon avis :

Dérobade est le premier recueil de nouvelles de cet auteur. D’ailleurs, nous pouvons retrouvez deux nouvelles, Bloody Venise et Quand lune saigne, dans les anthologies Venise Noire et Lilith et ses sœurs.
Voici mes préférés :

- Quand Lune Saigne
Philip voit du sang partout, sa femme morte, son fils tué... Il ne se souvient plus de ce qui c’est passé. Mais le fantôme de sa femme, Angie, le hante...
C’est alors qu’il se souvient : ils ne pouvaient pas avoir d'enfants, et c’est servit des légendes de sa grand-mère pour l’avoir. Mais pour quel prix... ?

- London Calling
Qui se soucierait de la mort d'un clochard qui plus est quand il a laissé une lettre pour indiquer les causes de son suicide ; à vrai dire, pas grand monde mais pourtant une lettre envoyée aux bonnes personnes entraîne une enquête un peu plus approfondie : tellement approfondie que le sergent Grawith va voir un côté disons pour le moins étrange de Londres.

- Sukkal
Dans un monde post-apocalyptique les humains résistent toujours aux Sukkalin, ces anges au corps d’homme et à la tête d’aigle. Après un affrontement avec un sniper humain, un Sukkal va rencontrer un bien étrange personnage qui se fera l’avocat de l’humanité et de la religion.

- Katzentreu
Quand vous rencontrez la femme de votre vie mais que votre chatte ne le supporte pas vous n'avez pas d'autre choix que de vous séparer de l'une ou de l'autre : Faites le bon choix !

- An Urban and Modern Faery Tale enfin presque (surtout celle-ci)
Mo et ses amis tout occupé qu'ils sont à jouer les taggers, ne comprennent pas pourquoi cette femme gothique s'en prend à eux escortée de son armée de sept nains... Ils commencent à être encore plus surpris quand ils se retrouvent entraînés dans un combat entre cette dame en noire et une dame en blanc secondé par un loup, une grand-mère et autres corbeaux... Quand les descendantes de Perrault et Grimm s'empoigne à coups de contes de fées et que leurs personnages viennent empiéter sur la réalité gare à vous !

- Le Bayou
Un jeune cadre dynamique stéréotypé doit expulser un vieil ermite de son coin de bonheur. L’entreprise de séduction qu’il entame pour rallier le vieil homme aux vues du groupe d’investissement qu’il représente, va se retourner contre lui. L’approche écologique du vieil homme charme le JCD et la magie des lieux gagnera sur le matérialisme de nos sociétés.

Le maître mot pour qualifier ce recueil est diversité. Le lecteur passe de l’horreur au fantastique, de l’humour à la SF et de l’écriture engagée aux délires les plus fous. Ambiances différentes, problèmes de société, son écriture efficace nous fait entrer dans des mondes où l’espoir est parfois absent.
Certains thèmes reviennent sous des angles différents : face cachée des grandes villes, leur côté obscur ; la revanche de la nature sur l'homme (notamment dans la nouvelle Dérobade où nous voyons la forêt se venger des ravages de l'homme...). Du rire à la terreur, de la douceur à la douleur, Jess Kaan emmène son lecteur à travers les émotions les plus variées. A découvrir avidement !

Ma note : 4/5

Lu pour le challenge ABC 2008.

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09 septembre 2008

Les Cahiers du Labyrinthe

Recueil de nouvelles écrit par Léo Henry

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Quatrième de couverture :

Ici se trouve la porte du Labyrinthe.
Vous franchissez le seuil, et voici que viennent à vous une étrange jeune fille qui entend des voix dans les eaux et un homme obsédé par les téléphones ; un médecin traquant une maladie dans l'univers psychique de son fils, et un groupe d'amis écrivant un scénario à succès d'après des rêves piratés ; Paul Verlaine ressuscité pour les besoins de la littérature, et un écrivain dévoré par son double ; une auto-stoppeuse qui n'aurait pas dû sortir si tard, et des frères jumeaux construisant de surprenantes montres...
Rencontres déroutantes d'individus à la frontière du réel, transportant avec eux les fragments d'univers oscillant entre Fantastique réaliste, SF et Fantasy Urbaine.
Et bien que vous teniez entre vos mains les Cahiers de ce labyrinthe, il n'est pas dit que vous y trouverez des clefs pour sortir de ces méandres. Plus probablement resterez-vous prisonnier de son attraction fascinante, marchant des heures durant en compagnie de ses figures, dans l'écho de ses murs de papier.


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Mon avis :

Il s'agit d'un recueil de 12 nouvelles alliant les trois genres de l'imaginaire : Fantastique, Fantasy et SF.  Je vous appose le résumé de mes préférées.

- Défait
Un homme raconte sa rencontre avec une étrange femme, chez un spécialiste (psychologue, psychiatre ou psychanalyste, nous ne savons pas).

- Merry Elodie
Elodie est une surprenante jeune femme qui entend des voix dans l'eau, des voix qui lui disent qu'elles l'aiment et qu'elle peut les rejoindre...

- Notes pour un labyrinthe
Un homme décide d'écrire sur un cahier l'histoire de ses souvenirs. Il a peu de temps car sa mémoire s'enfuit. Et c'est pour aider l'amnésique qu'il est en train de devenir qu'il adresse cette confession à une seule personne : lui-même.

- Ne la laisse pas s'enfuir
Un jeune homme hésite à appeler une jeune fille lorsque le téléphone de la cabine se met à sonner. Il hésite puis décroche. A l'autre bout du combiné, un étranger l'encourage dans sa démarche. Puis il raccroche. A partir de ce jour, le jeune homme passera sa vie à croiser des cabines téléphoniques du monde entier ; mais c'est lui qui appelle...

- Lettre Ouverte à cet Autre qui est Moi
Un étudiant crée son double sur un ordinateur afin que celui-ci l'aide à devenir écrivain. Tout va bien jusqu'au jour où, n'ayant plus d'idées, il décide d'arrêter d'écrire. Mais son double ne le laisse pas faire…

Dès la première nouvelle, Léo Henry nous met tout de suite dans l’ambiance du recueil : étrangeté, perte dans les méandres psychologiques, folie… Il nous entraîne sur le fil du rasoir de la vie où l'on ne sait plus faire la différence entre le réel et l'irréel. L’auteur écrit et décrit des situations avec finesse et une grande poésie se dégage de ses textes. Il me semble que vous pourrez retrouver Note pour un Labyrinthe dans l'Anthologie (dirigée par Léa Silhol) Venise Noir, chez le défuntes éditions de l'Oxymore.

Ma note : 3,5/5

Ce recueil a été lu pour le Challenge ABC 2008.

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14 août 2008

Le jeu de la damnation

Roman écrit par Clive Barker

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Quatrième de couverture :

Joseph Whitehead et un vieux millionnaire au passé trouble. Un secret le hante depuis la Seconde Guerre Mondiale. Depuis cette fameuse nuit où il fit la connaissance de Mamoulian, le joueur qui ne perd jamais. Et où dans Varsovie à feu et à sang, ils s'affrontèrent le temps d'une partie dont nul ne sut l'enjeu ni l'issue.
Mais aujourd'hui, Whitehead a peur. Car Mamoulian et de retour et, avec lui, les cauchemars et la mort. Joseph engage alors un garde du corps, Marty Strauss. Mais rien n'arrête Mamoulian. Quel fut le vainqueur de cette partie qui, à jamais, lia Witehead au joueur de cartes ? Et, surtout qui et Mamoulian ?

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Mon avis :

Le jeu de la damnation est le premier roman de Clive Barker. Celui-ci réunit tous les éléments qui lui sont cher : de l'horreur, avec de nombreuses descriptions, des zombies, des tueurs et quantités de créatures répugnantes... Mais aussi de la fantasy. On sent que Barker aime à créer des mondes fantastiques et imaginaires. Enfin, ajoutons toute une galerie de personnages tordus et troubles pour peupler ces mondes et animer ce roman. Le mystérieux Mamoulian se distingue au milieu de ces êtres torturés que Barker façonne pour notre plus grand plaisir. Il est un joueur de cartes, un revenant, un magicien... ce personnage aux multiples facettes et aux motivations obscures est littéralement fascinant. Il est un façonneur de formes, un illusionniste expert dans l'art de créer des illusions d'un  réalisme atroce. Illusions que la plume de Barker cisèle dans toute leur horreur. Mamoulian défie le temps et la pensée, vivant (mort ?) depuis plus de deux siècles. Il rencontre Whithead dans les ruines de Varsovie. Joueur lui aussi, le futur millionnaire passe un terrible et secret marché avec l'étrange personnage. Ainsi le jeu est le moteur de tout le récit. Le jeu, le hasard et le sort s'entremêlent dans l'oeuvre de Barker, et tous sont des métaphores d'un combat entre la vie et la mort, entre l'existence et le néant.

L'auteur crée et entretient dans son livre une atmosphère de mystère particulièrement prenante. Le récit est furieusement original et Barker parvient à nous emporter avec une facilité déconcertante. Sa plume distille cette ambiance unique et bizarre qui fait tout le charme de ses oeuvres, en insistant chaque fois sur des détails et des symboles fascinants. Le livre regorge ainsi d'allusions littéraires et artistiques.
Ainsi, tout au long du roman, on sent qu'un véritable travail d'écriture a été fournit pour nous le rendre à la fois malsain, trouble et accrocheur.

Ma note : 4/5

Ce livre a été lu pour le Challenge ABC 2008.

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20 juillet 2008

Ecrit avec du sang

Recueil de nouvelles écrit par Tanith Lee

sang

Quatrième de couverture :

Celui qui croit avoir tout lu sur les vampires ne connait pas Tanith Lee. Il ne sait rien des demeures embuées d'ombres où se frôlent les mains des seigneurs et des familiers. Il n'a pas entendu le chant de deuil de Feroluce, lancé vers ses frères aux ailes noires, et ne sait pas le nom du prince qui viendra réveiller Balnche neige.
Il n'a jamais effleuré l'épaule de la Machine qui Mord sur des planêtes lointaines, ni erré dans les neiges étoilées de fleurs cruelles. Ni, peut-être, partagé un verre avec une actrice déchue, ou déchiffré à ce jour les secrets que savent les miroirs.
Il lui reste encore, en somme, à tout découvrir des Ténèbres.
Il peut à présent le faire en tenant la main de la créatrice de la terrible famaiile Scarabae et des inoubliables Seigneurs de la Terre Plate... En suivant l'écrivaine au style le plus somptueux de sa génération, nouvelliste d'exception, couronnée maîtresse ès Fantasy par les plus grands. Le temps de dix textes rares, introuvables, se déviolent ici les vampires de Tanith Lee, ou les vampires tout court... guides indispensables d'une éternelle nuit.

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Mon avis :

Un magnifique recueil de nouvelles qui démontre une nouvelle fois les excellents choix éditoriaux des défuntes éditions de l’Oxymore. Tanith Lee confirme ici sa maîtrise du sujet vampirique. Au fil de dix nouvelles, réparties en cycles temporels : Passé, Présent et Futur, l’auteure nous propulse dans ses interprétations du mythe des suceurs de sang.

A la fois classique, avec « Rouge comme le sang » qui offre une interprétation originale et perverse du conte de Blanche-Neige, antique avec « Il Bacio » qui nous projette au temps des Borgia, contemporain et ambiguë comme « La vampiresse », voire complètement futuriste avec « La merveilleuse machine qui mord ». Tanith Lee explore les différents sentiers du vampirisme, proposant des relectures de textes connus, interprétant à sa manière certaines caractéristiques vampiriques. L’auteure appose de manière efficace sa patte sur la thématique, et s’affirme comme une des grandes dames de la littérature fantastique.

Ma note : 4/5

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08 juillet 2008

Trois pépins du fruit des morts

Roman écrit par mélanie Fazi

fazi

Quatrième de couverture :

Annabelle Stavrakis est une adolecente mal dans sa peau qui ne supporte pas les métamorphoses à l'oeuvre dans son corps. Un jour, pour fuir cette image d'elle que les miroirs lui renvoient, Annabelle fugue du foyer familial et part rejoindre Kyra, femme étrangère et envoûtante, qui prétend être la déesse Perséphone, celle qu'autrefois, dans la légende des siècles, Hadès couronna reine du tartare.
Qui est vraiment Kyra ? Les pépins de grenade qu'elle propose à Annabelle procurent-ils l'immortalité ? Une fois retournée dans son foyer, Annabelle entame-t-elle réellement une transformation en "inhumaine" ? Ou bien son refus de s'alimenter est-il le symptôme d'une nouvelle phase de sa dépression ?

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Mon avis :

Mélanie Fazi fait de nombreux emprunts au mythe. Elle reprend la perpétuation du dieu antique sur un mode différent, plus intimiste, qui ne met en scène que peu de personnages. Son roman, d'ambitions plus modestes, se limite à un destin particulier, celui d'une fillette de douze ans d'ascendance grecque, mal dans sa peau. Elle ne s'intéresse qu'aux personnages mythologiques depuis son enfance. Sans le savoir, elle a été choisie pour remplacer la déesse Perséphone, fille des Olympiens Zeus et Déméter, la déesse de la terre cultivée.

Au prix de quelques entorses avec la légende (Perséphone a consommé six grains de grenade correspondant aux six mois pendant lesquels la végétation sommeille, et non trois), Mélanie Fazi a su tirer un bon parti de la légende antique. Pour la jeune Annabelle, l'enfer est sur terre, dans la monotonie et la vacuité d'une vie soumise à la routine, et sans grandes perspectives. Rien n'est plus beau pour elle que les légendes enchantées dont elle ingère depuis toute petite.

On retrouve dans Trois pépins du fruit des morts, la même écriture délicate, la même attention soutenue aux évolutions du corps, de l'enfance à l'adolescence, de l'adolescence à l'enfantement. Mélanie Fazi insère avec beaucoup de talent ses obsessions mythologiques. Et toute la crédibilité de ce roman tient dans son écriture, poétique, riche et travaillée, souvent touchante. Comme dans les nouvelles de Serpentine, on trouve assez peu d'action dans cette histoire, plutôt une situation, qui glisse et évolue. Les personnages pensent, sentent, rêvent, parlent et agissent assez peu, se laissant porter par les évènements. Au lecteur de se laisser envoler...

Ma note : 3,5/5

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02 juillet 2008

Nuits d'Enfer au Paradis

Un recueil de nouvelles choisi dans le cadre de Masse Critique, un programme organisé par Babélio.

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

meyer

Quatrième de couverture :

Quelle fille n'a jamais révé d'être la reine du bal de fin d'année ? Une robe vaporeuse, un cavalier élégant et amoureux, une muique entétante...
Les histoires de ce recueil réunissent des héroïnes qui ont tout pour accéder au podium. Malheureusement c'est sans compter sur les vampires, démons et autres morts-vivants qui s'invitent à la fête...
Alors prêtes à danser pour le Diable ?

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Mon avis :

Les cinq histoires mettent chacune en scène des jeunes adolescents à la veille d’un bal de promotion comme il existe dans les high school américaines. Chacun sort son plus beau costume, les filles se dégotent une ravissante robe de soirée et un cavalier pour l’une des soirées les plus importantes de leur courte existence. De cette soirée dépend leur popularité et leur relation avec le garçon qu’elles visent. Néanmoins, pour ces héroïnes, la soirée ne va pas suivre son cours normal et peut carrément tourner au cauchemar. Une envoyée du diable, un bouquet de fleurs magiques, un émissaire de la mort, une tueuse de vampires, une sorte de Wonder Woman, voilà pêle-mêle ce que le lecteur rencontre au fil des différents textes.

De manière assez surprenante, les cinq histoires sont lamentables, pour être directe. Elles ne sont pas travaillées, laissant ainsi une impression très vive d’inachevée et de déjà vue. La qualité stylistique de chaque auteure est catastrophique. Et la traduction ne facilite pas les choses : fautes de syntaxes, de grammaires et autres énormitées. Au fur et à mesure de la lecture, je me suis interrogée si c’était bien les cinqs grandes auteures américaines de la littérature romantico-fantastique pour jeunes ado qui écrivaient. Je me demande, par ailleurs, comment ce recueil de nouvelles a pu être édité tellement ces histoires sont vides de sens, d’écriture, d’originalité.
A laisser.

Ma note : 1/5

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