Ludique et Fantasmagorique

On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation. [PLATON]

23 décembre 2008

Les noces barbares

Roman écrit par Yann Queffélec

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Quatrième de couverture :

Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole - et ses grands parents, vit ses premières années caché dans un grenier.
La situation ne s'arrange guère après le mariage morose de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institutions pour débiles légers. Mais Ludovic est loin d'être le crétin qu'on suppose. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore autant qu'il la redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique but : la retrouver.
S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante et magnifique de re-connaissance mutuelle.

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Mon avis :

Un roman datant de 1985 accompagné d'un prix Goncourt, reste un roman de grande envergure.
Ludo est né d'un viol collectif. Maltraité et haï par sa mère trop jeune et trop blessée, il a grandi caché dans le grenier de ses grands-parents. Sa situation ne s'arrange guère après le mariage de sa mère, Nicole, avec Micho, un brave mécanicien qui cherche pourtant à protéger Ludo. Mais Nicole, hantée par son viol que l'existence même de son fils lui rappelle en permanence, sombre dans l'alcoolisme et réussit à faire enfermer Ludo dans une institution pour débiles légers. Là le garçon continue à rêver de sa mère qui ne répond pas à ses lettres et qui refuse de lui rendre visite. Jusqu'au jour ou Ludo s'enfuit pour la retrouver dans une confrontation finale certes inéluctable mais déstabilisante.

Ce roman est un chant d’amour - celui de Ludo pour sa mère dont il quémande désespérément un peu d'attention à défaut d'amour - dans ce qu’il a de plus violent, de plus abject, de plus sournois et pourtant c’est une quête magnifique. Une quête de tendresse et de reconnaissance de la part d’un fils perdu dans un abîme d’indifférence et de cruauté. Abîme creusé par sa propre mère et décrit d’une façon magistrale par un écrivain hors pair. Ce roman est une perle rare, d’une beauté sauvage et cruelle, qu’il faut lire et relire. Certes, vous n’en sortirez pas indemne, mais grandi, abasourdi, et malgré tout heureux.
Très rares sont les romans aussi bouleversants, aussi violents, et aussi vivants.
 

Ma note : 4/5

Lu pour le challenge ABC 2008.

Posté par CendreSombre à 14:54 - 6.9 Littérature française - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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07 août 2008

Nouvelles Orientales

Recueil de nouvelles écrites par Marguerite Yourcenar

nouvelles

Quatrième de couverture :

Orientales, toutes les créatures de Marguerite Yourcenar le ont à leur manière, subtilement. L'Hadiren des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Oeuvre au Noir, parait souvent instruit d'autres sagesses que celles de l'Occident. L'auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe de Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste.
Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l'Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l'esprit des textes. De la Chine à la Grèce, de Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d'ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô, "qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes", font écho à l'amertume du vieux Cornelius Berg, "touchant les objets qu'il ne peignait plus". Marko Kralievitch, le Serbe sans peur qui sait tromper les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du Prince Genghi, sorti d'un roman japonais du XIème siècle, par l'égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l'amour sublime de Vania l'Albanaise ou le deuil sacrilège de la veuve Aphodissia répondent au sacrifice de la déesse Kâli, "nénuphar de la perfection", à qui ses malheurs apprendront enfin "l'inanité du désir..."
Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans une vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécéssaire à leur soudain flamboiement.

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Mon avis :

Les Nouvelles orientales comptent dix nouvelles de Marguerite Yourcenar. Elles ont été publiées d'abord séparément, puis retravaillées avant de constituer ce recueil. Nous avons : « Comment Wang-Fô fut sauvé », puis « Le Sourire de Marko » ; « Le Lait de la mort » ; « Le dernier amour du prince Genghi » ; « L'Homme qui a aimé les Néréides » ; « Notre-Dame-des-Hirondelles » ; « La veuve Aphrodissia » ; « Kâli décapitée » ; « La Fin de Marko Kraliévitch », et enfin « La tristesse de Cornélius Berg ».

Dans Les Nouvelles orientales, le personnage féminin est secondaire, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elles n'ont pas un rôle essentiel dans la narration. La multiplication des visages, d'un récit à un autre, révèle l'intérêt que leur accorde l'auteur. Ainsi se côtoient des femmes médiocres, des saintes et des séductrices, développant par là même occassion la complexité de l'identité féminine.
Aucun schéma caricatural n'est proposé, mais, tout en étant fidèle aux traditions de cultures machistes, Marguerite Yourcenar se refuse à réduire la féminité à des clichés. Cruelle, sainte ou séductrice, la femme demeure un mystère, dans lequel l'homme doit se perdre pour mieux se retrouver.

Des histoires très agréables à lire. Marguerite Yourcenar raconte avec merveille, elle nous entraîne jusqu'à la fin sans nous en rendre compte. Chaque récit aussi court soit-il est complet en lui-même, une narration efficace. Une auteure que je découvre avec plaisir pour la première fois et dont j'ai apprécié le style précis, minutieux et poétique.

Ma note : 3,5/5

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge ABC 2008.

Posté par CendreSombre à 20:03 - 6.9 Littérature française - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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09 mars 2008

Le Droit à la Paresse

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Un nouveau livre lu et sélectionné par mes soins dans le cadre de Masse Critique. J'ai choisi Le Droit à la Paresse afin d'assouvir ma curiosité sur la question sociologique que sont le travail et les loisirs. En effet, lors de mes cours de socio du premier semestre, le prof nous a fait un éloge dessus. Alors voici ma critique, si on peut l'appeler comme tel.

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Quatrième de Couverture :

Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette abération mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d'être chrétien, économe et moral, j'en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste.

Paul Lafargue

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Mon avis :

Le Droit à la paresse est un ouvrage de Paul Lafargue, paru en 1880. C’est un texte, qui reste d'actualité aujourd’hui puisque les idées exposées se retrouvent dans le débat politique actuel. Il est doublement intéressant : très riche historiquement, il propose un traité social, économique et intellectuel, et analyse les structures mentales collectives du XIXe siècle. Mais c'est avant tout un véritable manifeste social qui centre son propos sur la valeur du travail et l'idée que les hommes s'en font. Ce petit écrit démystifie la valeur travail. Bien avant l'apparition des congés payés ou la réduction de la durée de travail à 40 ou aujourd'hui 35 heures par semaine, il nous proposait de beaucoup moins travailler dans une optique marxiste peu dogmatique.

« Pour qu’il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse ; il faut qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les Droits de la Paresse, mille et mille fois plus sacrés que les phtisiques Droits de l’Homme concoctés par les avocats métaphysiques de la révolution bourgeoise ; qu’il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit. »

Paul Lafargue nous fournit ici un plaidoyer pour que cesse le dogme du travail. Ecrit sur un ton révolté, on a envie d'y croire. L'œuvre a également une résonnance bien actuelle sur notre société, où le travail est toujours « sacralisé », porté comme une valeur universelle, alors que l'humain a toujours eu envie de flemmarder…

Ma note : 3,5/5

Posté par CendreSombre à 12:13 - 6.9 Littérature française - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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16 mai 2007

Bye Bye Blondie

Ecrit par Virginie Despentes

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"Une fille qu'on rencontre en HP n'est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences, il pensait que c'était ça l'amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu'ils arrivent sur l'autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s'entraîner au fond. Il est temps de renoncer..."

Gloria a été internée à l'adolescence en hôpital psychiatrique. Contre toute attente, la punkette "prolo" y a rencontré Eric, un fils de bourgeois aussi infréquentable qu'elle ; ils se sont aimés comme on s'aime à seize ans. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les a séparés.
Vingt ans après, Gloria traîne toujours ses humeurs au comptoir des bars, entre humour et désespoir. Et le jour où 2ric, métamorphosé en vedette des médias, croise son chemin par miracle, rien ne dit qu'elle est prête à changer. Comment éteindre une fureur qui vient de si loin ?

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Mon humble avis :

Je ne connaissais absoluement pas cette auteure, une copine me la conseillait et franchement j'ai adoré ce roman. Même si parfois c'est un peu lourd (beaucoup trop d'expression argotique à mon goût...), enfin c'est le sujet qui veux ça. Cependant, je suis restée scotcher du début à la fin, grâce à un tourbillon d'émotions avec des personnages attanchants et poignants.
Si vous aimez ou êtes intéresser par le mouvement punk des année 80, ce livre ne peut que vous plaire !

Ma note : 3/5

Posté par CendreSombre à 15:20 - 6.9 Littérature française - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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